Accueillir la critique avec sérénité

11/03/2020

Accueillir la critique avec sérénité

L’écriture est sûrement l’art le plus intime d’entre tous. Seul.e devant sa page blanche, l’écrivain.e plonge au plus profond de son être pour y déverser ce qu’il comprend de la vie, de la nature humaine, de sa propre existence.

Cette transparence, cette audace rend vulnérable.

Lorsqu’on écrit pour soi, les pages noircies restent secrètes, et tout va bien dans le meilleur des mondes. Puis, on se dit que si l’on possède une créativité débordante, une expertise, une voix et une plume qui manie merveilleusement bien les mots, cela serait dommage de ne pas se partager et de rester dans son coin. Alors, on entreprend l’écriture d’un roman, d’un récit personnel, d’un guide.

Et le paradigme change.

Le choix et la volonté de publier un livre fait sauter d’un coup la cape d’invisibilité qui nous protège et nous tient au chaud lorsqu’on écrit seulement pour soi, à ses heures perdues, par passion ou besoin d’expression personnelle.

Et visibilité signifie se révéler aux autres, se confronter à des opinions différentes, s’exposer à la critique, et, surtout, faire le deuil de plaire à tout le monde.

Il serait peu sage de minimiser cet aspect du voyage de la publication d’un livre, car cette peur de la visibilité en cache d’autres :

  • la peur du rejet ;
  • la peur du ridicule ;
  • la peur de l’humiliation ;
  • la peur du jugement de soi et de son travail ;
  • la peur de perdre l’affection de l’autre ;
  • la peur de perdre sa liberté et son anonymat ;
  • la peur d’avoir à défendre ses opinions et d’être assertif.ve.

L’erreur que font souvent certains auteurs – et certains artistes en général – est de ne pas dissocier le créateur de la création. Une création, parce qu’elle prend toujours un parti pris, n’est jamais neutre. Elle est toujours subjective, puisqu’il s’agit de la vision du créateur.

Par nature, donc, elle polarise. Et c’est une bonne chose.

En tant qu’auteur et artiste, tu ne t’adresses pas à tout le monde. Et croire le contraire est une erreur de jugement. En coaching, c’est un élément sur lequel on travaille : ton lecteur idéal. Il ne s’agit pas ici d’en faire le portrait-robot, mais de définir à quoi il aspire en lisant ton livre.

Quelques questions pour t’orienter sur ce lecteur idéal :
>Qu’est-ce que je lui offre ? Réflexion ? Inspiration ? Guérison ? Joie ? Réconfort ? Justice ? Évasion ? Etc.
>Quand il/elle parlera de mon livre à des amis, que dira-t-il/elle exactement ?
>Avec quoi il/elle repart une fois mon livre refermé ? (vision différente d’un sujet/vérité, sensation, sentiment…)

Quand tu écris, tu le fais pour toi, parce c’est aussi toi que tu explores et découvres pendant l’écriture. Mais quand tu révises, tu le fais pour ton lecteur idéal.

Et c’est là où tu peux avoir besoin d’aide pour prendre du recul sur la qualité de l’expérience-lecteur de ton histoire.



Rechercher le feedback et la critique constructive : la marque d'un auteur professionnel

Une des qualités qui sépare un.e écrivain.e professionnel.le d’un.e amateur.e est de rechercher un feedback sur son histoire et d’accueillir la critique avec sérénité et la prendre en compte avec humilité. Chaque projet a ses propres challenges, et l’écriture, comme n’importe quel art, se prête à une croissance constante. On n’a jamais fini d’apprendre.

Cette initiation, car c’en est une, s’active à chaque fois que tu soumets ton manuscrit pour une lecture critique par des bêta-lecteurs ou un.e lecteur.trice professionnel.le.

C’est une étape que redoutent pas mal d’auteurs.trices débutants, et beaucoup s’en passent et préfèrent se retrancher vers l’entourage pour des retours plus cléments.

C’est une erreur stratégique majeure. Car ton lecteur idéal n’est ni un membre de ta famille ni un ami. C’est un consommateur qui va dépenser une dizaine d’euros et faire le pari d’acheter ton livre, parce que le sujet l’intéresse ou parce qu’il/elle est fan du genre dans lequel tu écris.

Je fais des lectures critiques depuis maintenant presque un an, après avoir accompagné les auteurs dans la relecture et correction de leurs manuscrits. Même si je veille à rester bienveillante, je ne retiens pas mes opinions et argumente mes retours, car sinon où est l’intérêt ?

Tous mes clients ne réagissent pas de la même façon à la réception de mon diagnostic éditorial. Certains auteurs apprécient l’honnêteté et la guidance que j’offre, car leur priorité est davantage focalisée sur leur volonté de publier un manuscrit efficace, captivant et professionnel. Ils aiment aussi progresser et avoir de la clarté sur leurs tics d’écriture.

D’autres trouvent cela plus violent et ont besoin de digérer et processer mon feedback. Ce n’est pas que leur priorité ne soit pas également dans la volonté de publier un manuscrit de qualité, mais ces auteurs manquent souvent de recul sur leur capacité à écrire une histoire qui fonctionne et ne sont pas encore tout à fait prêts émotionnellement et psychologiquement à dévoiler leurs écrits, et donc eux-mêmes.

Nous ne sommes pas tous égaux devant la critique, mais il est nécessaire, une fois l’écriture terminée, de se détacher de sa production artistique. C’est l’unique moyen de prendre une hauteur de vue suffisante pour regarder son manuscrit avec des yeux neufs et, surtout, de se placer dans la tête de son lecteur.



T'accroches-tu souvent aux critiques du passé ?

La sensibilité à la critique est directement liée à ton estime personnelle. C’est une émotion qui touche le centre énergétique du plexus solaire (trois doigts au-dessus du nombril). Si tu es observateur.trice, tu verras qu’un des gestes inconscients que l’on fait souvent est de croiser les bras sur le haut du ventre lors d’une discussion où l’on sent que notre valeur personnelle, notre intégrité, notre parole, notre travail, vont être jugés, analysés, critiqués, remis en question.

Si tu es encore plus fin observateur.trice, regarde ce qui se passe dans ton corps quand tu es à l’origine d'une critique personnelle ou des mots durs envers toi-même. En ce qui me concerne, lorsque mon discours interne est très critique à mon égard, je peux être sûre que, dans les 24 heures qui suivent, des aigreurs d’estomac me feront souffrir. Cette « acidité » de l’esprit se répercute sur le corps.

Une personne sensible à la critique, c’est pour elle comme un coup de poing dans le ventre, un uppercut. Et cela prend racine souvent dans l'enfance.

Replonge-toi dans tes souvenirs (d’enfant ou d’adulte).
Fais la liste et écris sur un carnet/une feuille trois phrases que l’on t’a dites sous forme de critiques ou d’attaques personnelles, et auxquelles tu as cru, tant est si bien que tu les as validées dans ton système de croyances personnelles.

Est-ce un souvenir d’école où l’on t’a dit que ta rédaction ou dissertation était mauvaise, et donc tu crois que tu n’es pas fait pour l’écriture ?

Est-ce un trait de caractère que l’on te reprochait enfant ? As-tu été rejeté.e et/ou critiqué.e parce que tu étais différente, tant est si bien que ce jugement a créé une distorsion dans la valeur que tu perçois de toi-même et l’estime que tu te portes ?

As-tu été critiqué (par devant ou par derrière) par un camarade ou un collègue, car en vérité il/elle était jaloux/jalouse de ta beauté, de ton humour, de ta popularité, de tes qualités sociales, de tes compétences, de tes talents ?

Ou plus simplement, as-tu développé un mécanisme de protection lorsque tu étais enfant quand, pour ne pas te faire disputer (qui est assimilable à une critique), tu te faisais tout petit.e. À ce propos, d’ailleurs, ta peur de la visibilité peut prendre racine dans un mécanisme semblable, qui aurait adopté l’équation suivante :

invisibilité = je ne me fais pas disputer = sécurité extérieure et intérieure

Ainsi, dans ton système, la visibilité peut être synonyme d’insécurité. À méditer.

Si ces trois phrases t’ont blessé.e et que tu en as fait une vérité personnelle te concernant, tu peux être sûr.e que tu as un attachement énergétique à ces trois phrases qui te plombent, tels des sorts jetés par le plus mauvais des sorciers.

Comment sais-tu si elles te plombent ? Si ces phrases sont devenues des narrations, des refrains, des rengaines que tu te répètes souvent intérieurement en boucle, alors elles ont créé des fuites énergétiques, car ce sont des ancrages dans le passé.

Pour te faire une image, c’est comme si tu étais un bateau et que tu essayais de voguer, mais tu as déployé l’ancre. Alors, tu tentes d’avancer, mais tu racles les fonds marins, et peu importe si tu as le vent dans le dos et toutes les voiles dehors, tu te traînes et tu t’épuises.




Comment tu reprends ton pouvoir sur ça et alchimises ces blessures ?

Regarde ces phrases pour ce qu’elles sont : des vérités qui n’engagent que celui qui les dit. Enregistre bien cette phrase : « Ce que l’on juge chez l’autre, c’est ce que l’on ne veut pas voir chez soi. » En vérité, une personne qui émet une critique sur toi parle d’elle, car tu lui fais miroir de deux possibilités :

  • soit tu lui renvoies une qualité/un potentiel qu’elle ne possède pas, contrairement à toi, et au lieu de voir cela comme une opportunité d’embrasser une nouvelle façon de voir ou faire les choses, elle va se sentir menacée, et donc te démonter.
  • soit tu lui renvoies un potentiel présent chez elle, mais qu’elle n’a pas activé, soit parce qu’elle n’a pas reconnu cette qualité en elle, soit par manque de courage et d’audace, et au lieu de voir cela comme une opportunité de déployer ce potentiel/cette qualité, elle va se montrer envieuse, jalouse, vindicative.

Tu l’auras compris, donc, dans les deux cas, jamais il ne s’agit de toi, mais de l’autre personne.

Pour clôturer l’exercice, et si tu aimes ce genre de pratiques, organise-toi une méditation ou un temps de calme.

Inspire et expire par ton plexus solaire. À l’inspire, visualise une boule d’énergie de lumière (blanche, rose, violette, ou jaune qui est la couleur du chakra du plexus solaire) qui pénètre dans ton plexus pour apaiser ces critiques internalisées.

Puis, visualise ces mots, ces phrases qui t’ont blessé.e comme une boule d’énergie polarisée négativement (tu peux choisir une couleur symbolisant cette colère ou cette blessure en toi si cela peut t’aider) et expire-la par le plexus solaire.

Tu peux également accompagner cet exercice de respiration en rédigeant ta propre formule d’alchimie. Si des mots ont eu la puissance de te blesser, alors d’autres auront aussi la puissance de te guérir.

Voici la mienne que tu peux utiliser si elle résonne pour toi :

« Dans l’ici et maintenant,
et par l’expression de ma libre volonté,
je me détache de tout mot, de toute phrase
qui m’ont blessée et dont j’ai fait ma vérité.

En ce jour, je choisis de me défaire de ces liens de non-amour,
de non-respect de la personne merveilleuse que je suis.
Je choisis de lever l’ancre sur ces mots appartenant
à un passé révolu, car je suis plus la même personne.

Que ces mots ne soient plus activés dans mon système.
Que ces mots ne soient plus une réalité dans ma vie.
Que ces mots ne soient plus qu’un souvenir.

Le souvenir où j’ai fait le choix d’expérimenter ce que je ne suis pas.
Le souvenir où j’ai fait le choix de croire en la vérité de l’autre plutôt que la mienne.
Le souvenir où j’ai fait le choix de ne pas me choisir.

En ce jour, je me choisis, entière et dans l’amour.
Je fais le choix d’expérimenter ce que je suis,
A cent pour cent, et dans toutes mes couleurs,
Sans jugement, sans faux semblants,
Dans l’acceptation la plus aimante de Qui Je Suis.

Et Cela Est. »

Si tu as besoin d'une lecture critique pour vérifier l'efficacité de ton manuscrit, contacte-moi.

Au service de ta réussite.

Carole

 

Crédit photos : Pixabay; Fabian Moller-Almos Bechtold/Unsplash



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