Des histoires pour se connaître

29/11/2019

Des histoires pour se connaître

Pourquoi adorons-nous les histoires ? Parce que c’est du divertissement (=lire « remplir notre vide existentiel ») ? Parce que cela fait passer le temps les jours de pluie ? Parce que l’acteur/l’actrice est trop sexy ? Hum… pas vraiment, en fait. Nos histoires préférées en disent très long sur nous, plus qu’on ne veut le voir, plus qu’on ne voudrait l’admettre !

Alors, je te propose un jeu pour partir à la rencontre de toi-même au travers de tes histoires préférées.

Cher.e ami.e auteur.e, cet exercice est également un bon moyen pour te poser les bonnes questions quand tu créés un personnage, et surtout ton protagoniste, qui sera l’avatar de ton lecteur.

Une des questions fondamentales que tu dois te poser avant d’écrire un seul mot :
À la fin de mon roman, avec quoi mon lecteur repart ? Comment ai-je envie qu’il se sente une fois la dernière page lue ?

La réponse constitue ton thème dominant, l’idée-force qui soutient ton histoire, ton message au monde. Tu ne pourras jamais avoir le contrôle sur ce que ton lecteur va vivre émotionnellement, et ce n’est d’ailleurs pas souhaitable, car cela fait toute la force et la beauté d’une histoire.

Chaque lecteur résonnera sur différentes choses. Par contre, tu toucheras un public particulier, sensible à une problématique de vie spécifique. Tu dois donc avoir de la clarté sur ton thème dominant.

Comment reconnaître que tu as un thème dominant ?

Cela sonnera comme un beau gros cliché du type « l’amour est toujours plus fort que le mal ». Et c’est une bonne chose, car cela indique que tu touches à une vérité universelle. N’essaie donc pas d’être original.e, cela sera de l’énergie de perdue. Ce qui te rendra unique, c’est ta vision de cette vérité, ce que tu en penses, toi, et comment tu te l’appropries.

Cadre externe du jeu

=>A faire seul.e ou à deux (faire cet exercice avec une personne en qui tu as confiance et avec laquelle tu n’as pas peur de partager des choses intimes).

  • Option 1 : Choisis tes trois personnages préférés de films (dont tu as le dvd/fichier numérique à la maison. Film, car c’est plus rapide à analyser).
  • Option 2 : Tu es particulièrement fan d’un acteur/d’une actrice et tu connais tous ses films. Regarde-en 3 ou 4 que tu adores particulièrement et analyse les points communs entre ces films (les questions seront les mêmes que pour option 1).

Il va sans dire que ce jeu peut s’étaler sur plusieurs week-ends, tu n’es pas obligé.e de te bingewatcher les 3 films d’un coup ! Après, tu fais bien ce que tu veux !

Comment choisir ?

  • Si tu partais sur une île déserte, quels sont les 3 films que tu prendrais avec vous ?
  • Evite les choix par pure esthétisme ou les films dans lesquels le chemin de transformation du protagoniste est quasi nul (par exemple, la franchise Indiana Jones). Choisis des films dans lesquels l’arc narratif du personnage est bien clair (c'est-à-dire, il n’est plus la même personne à la fin du film).
  • C’est important que tu pennes des films que tu connais très bien. Ainsi, ton focus n’est plus dans l’anticipation de la résolution, puisque tu connais l’intrigue. L’idée est de porter un nouveau regard sur ce personnage ou cette histoire.

=>Prendre un carnet/des feuilles et un stylo.

=> Si tu fais le jeu en famille, laisse ton enfant choisir son film/dessin animé préféré (jeu non adapté à des enfants trop jeunes. Ils doivent être en mesure de mettre des mots sur ce qu’ils perçoivent et ressentent du personnage). Le choix n’est donc pas un consensus familial, mais un vrai choix de l’enfant. Si tu as plusieurs enfants, c’est chacun son tour.
La profondeur d’analyse sera évidemment moindre que ce que j’ai fait en exemple. Mais tu peux l’accompagner dans la verbalisation de ce qu’il ressent et perçoit des enseignements de son personnage préféré.

NOTE : Attention quand même aux premiers dessins animés Disney. Certains ont nourri des archétypes, notamment celui de la Princesse, qui sont des forces énergétiques désactivées aujourd’hui (et je dirai même depuis la mort de Diana, dernière « Princesse des cœurs ». L’archétype actuel activé est un upgrade de la Princesse : la Reine (ex. : Rebelle, La Reine des neiges) qui porte des qualités de pouvoir (personnel)/puissance, leadership et autonomie (d’où un nombre croissant de femmes entrepreneurs = Queen Executives). Des portraits donc de femmes fortes. Honore le choix de ton enfant, mais lors de l’échange, sois à l’écoute de ce avec quoi il résonne s’il choisit un ancien Disney un peu girly. Cela peut te permettre d’ajuster et de lui proposer d’autres initiations cinématographiques.


Cadre interne du jeu

=> Écoute de soi/de l’autre (sans intervenir), bienveillance (espace d’accueil et d’échange, surtout si tu fais ça avec un ami, parent, conjoint, enfant)
=> Pas de jugement sur soi ou sur l’autre lorsqu’il partage ses ressentis.
=> Pas d’auto-flagellation.
=> Aucun conseil à donner à la personne/à toi-même (« il faut », « tu dois », « tu devrais », etc.), mais lui/te poser des questions qui peuvent aider à rebondir ou creuser les ressentis :
« Comment tu te/je me sens avec ça ? » (une fois les points communs et résonnances identifiés)
« Avec quels clés je/tu repars à la fin de cette analyse ? »

Des questions pour les enfants :
« Comment tu te sens après avoir vu ce film ? » L’enfant va répondre : « Bien. » Donc, creuse un peu. Il n’y a pas de bonnes ou mauvaises réponses. C’est pour entraîner ton enfant à mettre des mots sur un ressenti et honorer ce qui est présent. Sans chercher à changer ce ressenti ou à en faire quoi que ce soit, juste l’observer.
« Comment peux-tu exprimer au quotidien les qualités/forces/potentiels que tu aimes chez ce personnage et que tu as reconnus chez toi aussi ? Comment pourrais-tu les utiliser dans tes relations (amis/famille), dans des situations que tu rencontres à l’école, dans la poursuite de tes rêves ? »

LE JEU

Base pour un film de 1 h 50 environ, sinon découpe en 3 parties :
-Début du film (acte 1) : 25 % du temps global environ
-Milieu du film (acte 2) : 50 % du temps global environ
-Fin du film (acte 3) : 25 % du temps global environ

Partie 1 : Observation + prise de notes

Phase 1 : Regarde les 25 premières minutes du film, puis fais pause.

Questions :
>Quel genre de personne est le protagoniste au début du film ? (qualités, défauts)
>Comment se comporte-t-il dans son environnement proche (vie perso/vie pro) ?
>As-tu identifié son désir le plus secret (intérieur) ?
>As-tu identifié comment ce désir s’est mué en objectif (extérieur) ?
>As-tu identifié ces peurs/croyances/freins internes qui peuvent l’empêcher de remplir cet objectif et donc de manifester ce désir dans la matière à la fin du film ?
>Il y a-t-il une ligne de dialogue qui vous touche le plus ?
> Quel est l’enjeu pour lui s’il réussit dans sa quête, quel est l’enjeu s’il échoue ?

Phase 2 : Regarde les 60 minutes suivantes, puis fais pause.

Questions :
>Que doit affronter le personnage (de l’extérieur) pour remplir son objectif ?
>Que doit-il surmonter (à l’intérieur) pour accéder à son désir le plus intime ?
>Existent-ils des personnages secondaires qui lui font miroir de ça ?
>Quels nouveaux comportements doit-il mettre en place pour se mettre en mouvement vers son objectif/désir ? Dit autrement, qu’est-ce qu’il doit lâcher de ses peurs/croyances pour aller vers ce qu’il désire ?
>Quelle forces/quels potentiels en lui doit-il activer pour surmonter ces peurs et/ou affronter les événements extérieurs mis sur sa route ?

Phase 3 : Regarde les 25 minutes restantes.

Questions :
>Qui est-il à la fin de l’histoire ?
>Comment l’histoire l’a transformé ?

Partie 2 : Analyse

Relis tes notes. Si besoin, stabilote des mots-clés qui te touchent.


Questions :
>En quoi ce personnage te ressemble ? (qualités, défauts, comportements, peurs, croyances)
>As-tu identifié des comportements ou des mécanismes de fuite ou de protection communs à vous deux ?
>Sur quoi tu résonnes quand tu analyses le chemin de transformation du personnage ? (qu’est-ce que tu retiens principalement de cette histoire ?)
>Quelle(s) satisfaction(s) ressens-tu à la fin du film, lors de la résolution ?
>Qu’aimes-tu chez le personnage à la fin du film qui n’était pas présent au début ?

Partie 3 : Prise de conscience


-Les qualités/forces du personnage sont des qualités/forces :

  • que tu portes en toi, mais que tu n’as pas encore activées et mises à ton service pour aller vers tes désirs. Si tu les vois chez l’autre, c’est qu’elles sont présentes en toi.
  • que tu minimises ou rejetes parce qu’elles expriment trop ta puissance et l’affirmation de qui tu es (donc on met le couvercle).
  • que tu as reconnues et qui sont déjà présentes et que tu utilises dans ton quotidien : ces qualités/forces sont les fondations sur lesquelles tu peux te reposer.


-Les freins/peurs/croyances communs sont tes propres mécanismes de survie et d’adaptation qui te maintiennent dans un statu quo et t'évitent d’être déloyal.e à la version actuelle de toi-même, qui est construite pour faire plaisir à papa/maman ou être conforme à ce que la société/culture/religion attend d’une femme ou d’un homme.

-L’arc narratif (chemin de transformation) du personnage te fait :

  • à la fois miroir de là où tu te mens à toi-même et où tu dépenses beaucoup d’énergie à nettoyer ta prison (intérieure) = à ne pas te mettre en mouvement pour accéder à la meilleure version de toi-même (tes plus hauts potentiels) et aller vers ce qui t'anime.
  • et te donne des clés de compréhension sur la façon dont tu peux activer ces potentiels.

Deux exemples pour te donner une idée. Ce que je retiens de ces films est ce qui résonne chez moi. Pour les mêmes films, tu pourrais voir complètement autre chose.
Note 1 : je ne m’étends pas sur l’analyse et la prise de conscience qui me sont personnelles.
Note 2 : Si tu as choisi aussi le personnage d'Harry Potter, faire le jeu avant de lire mon analyse personnelle, car cela pourrait influencer ta perception du personnage.

Choix option 1 (personnage) : Harry Potter (je prends l’arc du premier film)
>Quel genre de personne est le protagoniste au début du film ?
>Comment se comporte-t-il dans son environnement proche ?
Harry Potter est orphelin (= privé d’un amour inconditionnel => symbolique Dieu Père/Dieu Mère). C’est un garçon effacé, discret (pour ne pas se faire disputer par son oncle et sa tante => symbolique amour conditionnel, terrestre.). Il est solitaire et on ne lui connaît pas d’amis chez les Moldus. Pour survivre, il se réfugie dans son monde intérieur.
Qualités : grand sens de la justice, force morale, courageux, empathie (scène avec le serpent au zoo). C’est un puissant magicien qui s’ignore, même s’il a conscience que des trucs bizarres se passent quand il ressent une forte émotion. Quand il apprend qu’il est sorcier (et un très bon sorcier), il n’y croit pas (« Vous vous trompez, je suis juste Harry.») => Déni de sa puissance. Mais il apprend la vérité sur son histoire personnelle (comment sont morts ses parents, et survie à l’attaque de Voldemort) => seconde naissance. La vérité le propulse dans la réalité de qu’il est. Il apprend également qu’il est très riche (=abondance intérieure) alors qu’il se croyait pauvre (=dévalorisation intérieure)

>As-tu identifié son désir le plus secret (intérieur) ?
>As-tu identifié comment ce désir s’est mué en objectif (extérieur) ?
Le sentiment de faire partie d’une « tribu » change complètement son paradigme. Cela lui procure beaucoup de joie. Son désir (intérieur) est de trouver sa place au sein de cette communauté de sorciers. L’appartenance à un pouvoir tribal (premier centre énergétique, base de la puissance personnelle) n’a pas pu se faire avec sa famille « d’accueil » (oncle et tante) en grandissant, comme un enfant évoluant au sein de sa vraie cellule familiale. Il doit refaire ce voyage initiatique à Poudlard. Son âge, 11, est révélateur : 1 + 1 = Moi + Toi. Ou comment je me définis au sein d’un groupe. Également 1 + 1 = 2 (deux polarités : bonne/mauvaise magie). Le dessin du chiffre 11 évoque aussi deux piliers (interne-force intérieure / externe-force de l’amitié) sur lesquels se reposer, deux jambes pour s’ancrer dans cette nouvelle communauté.
Son objectif extérieur est une soif de prouver sa valeur aux autres (objectif nommé par le choixpeau)   

>As-tu identifié ses peurs/croyances/freins internes qui peuvent l’empêcher de remplir son objectif et donc de manifester son désir dans la matière à la fin du film ?
Un grand sentiment d’imposture : il est célèbre dans le monde des sorciers (« the boy who lived », celui qui a survécu [au mal]), mais est complètement ignorant de l’histoire de cette communauté, des sorts, des potentiels de la magie.

Bref, il n’y connaît rien, et se rend compte que sa célébrité est plus un handicap qu’une bénédiction (réflexion de Rogue qui lui fait miroir de ça : « De toute évidence, la célébrité ne fait pas tout » (« Clearly, fame isn’t everything »), sans compter que la quasi adoration qu’il peut susciter ne l’aide pas à s’ouvrir énormément aux autres. La célébrité crée une espèce de filtre entre ce qu’il est et comment les autres le perçoivent.

Fausse croyance (initiée par Ron) : Il confond puissance et prise de pouvoir sur l’autre/agressivité/manipulation (d’où sa demande au choixpeau de ne pas le mettre dans la maison Serpentard, qu’il associe aux mages noirs). Il a associé la puissance de la magie au mal (exprimé par le personnage de Voldemort) ou quelque chose de dangereux (on peut blesser (in)volontairement quelqu’un physiquement, émotionnellement ou psychologiquement en étant puissant).

Il met donc sous couvercle sa puissance et cherche à briller dans un domaine « plus respectable » et prestigieux dans le monde des sorciers = le Quidditch. Sa position d’attrapeur du Vif d’Or (une boule dorée avec des ailes) est également révélatrice (symbolique pour moi du Vif d’Or = la partie la plus pure et puissante de notre Être ou la meilleure version de nous-même, légère, espiègle et en mouvement constant, se donne à celui qui « a l’œil » (clarté, connaissance de soi) et est déterminé (engagement) à s’en saisir).

Il ne met pas beaucoup de cœur dans les autres enseignements qu’il reçoit à part le cours de « Défense contre les forces du mal » (=c’est sa propre polarité négative qu’il challenge lors de ce cours). Sa vie à Poudlard consiste principalement à apprivoiser ce monde nouveau et à en comprendre les règles (ce que doit faire tout enfant qui naît) pour y trouver sa place.

>Il y a-t-il une ligne de dialogue qui te touche le plus ?
Oui : « Et si je me ridiculisais ? » à propos du Quidditch. Réponse d’Hermione : « Tu ne vas pas te ridiculiser. Tu as ça dans le sang. » (sang = rapport filiale)

>Quel est l’enjeu pour lui au cours de ce premier film ?
Il doit comprendre que la magie au service de l’amour est beaucoup plus puissante que la magie au service d’intérêts personnels ou prise de pouvoir sur l’autre (rivalité naissante avec Malfoy qui va venir le challenger sur plusieurs films là-dessus). Le pouvoir sur l’autre isole et affaiblit (Voldemort). L’amour rassemble et renforce (Harry). Le personnage de Dumbledore joue ce rôle d’exemple du choix « puissance dans l’amour » (dans le 7e livre, on découvre que Dumbledore, jeune, a quand même testé la puissance dans le service à soi. Dommages collatéraux. Prise de conscience et ajustement : action/réaction/décision). C’est un père spirituel, un mentor, un guide pour Harry.

>Quel est l’enjeu pour lui s’il réussit dans sa quête (appartenance à la tribu + prouver sa valeur) ?
Il peut passer au stade de développement personnel suivant : le pouvoir individuel (2e film. Ironiquement, c’est le 2e chakra aussi. Et je me rends compte qu’il y a 7 livres = 7 chakras !! Oh, boy, il va falloir explorer ça !!).

>Quel est l’enjeu s’il échoue ?
Rejet de la tribu + inadéquation dans la vie de Moldus => désespoir (sentiment brièvement évoqué dans le 3e film (sort sur la tante Marge), puis exploré dans le 5e film « Le prince au sang mêlé », lorsqu’il est jugé pour avoir enfreint la loi de restriction de la magie pour les mineurs en produisant un Patronus).

Choix Option 2 (acteur/actrice) : Identification d’archétypes / Julia Roberts
Note : les questions sont les mêmes que dans l’option 1, mais essaie de dégager plus les mécanismes de comportement du personnage et d’y associer des archétypes

Un archétype est un schéma universel de comportement appartenant à l’inconscient collectif, donc compris par tous. Si je vous dis : « Cette fille, c’est une vraie princesse ! » ou « Mon voisin de palier est un vrai chevalier servant », même si tu ne les connaiss pas en personne, tu as quand même une assez bonne idée de leurs mécanismes et de leurs comportements, et comment ça se traduit au quotidien. Princesse et Chevalier sont deux archétypes.

Un archétype est une force énergétique neutre. Si l’on résonne avec un archétype en particulier, celui-ci peut être activé dans notre vie dans sa polarité positive ou négative. Donc même si le mot est connoté dans notre langage comme « négatif », il ne l’est pas forcément dans l’énergie. Repérer et écouter ce que nos archétypes ont à nous enseigner nous permet d’en faire des alliés.

Selon les enseignements de Caroline Myss (dans son ouvrage Les Contrats sacrés, une méthode pour identifier ses 12 archétypes primordiaux répartis dans les 12 grandes maisons astrologiques, qui sont nos grandes thématiques de vie), l’archétype de la Prostituée appartient à la famille des quatre archétypes de survie et d’adaptation (=mécanismes principaux de protection de l’Ego, qui est un système évidemment beaucoup plus complexe) au même titre que l’Enfant (gardien de l’innocence), la Victime (gardienne de l’estime de soi) et le Saboteur (gardien du choix). Nous partageons tous ces quatre archétypes en nous. Selon la maison où ils sont situés, ils s’expriment différemment. Ensuite, individuellement, nous avons 8 principaux archétypes qui sont appelés « archétypes de destinée ».

Nous pouvons résonner au-delà de 8 archétypes, mais ces 12 archétypes primordiaux constituent ce que C. Myss nomme le contrat sacré. C’est une nouvelle grille de lecture de notre propre voyage archétypal et chemin de transformation.

Cela n’enlève rien à notre libre-arbitre ni à notre pouvoir personnel de changer de trajectoire de vie. Certains archétypes se « désactivent » et d’autres apparaissent, plus adaptés à notre nouvelle dynamique de vie. Par exemple, l’archétype de l’Entrepreneur (oui, c’en est un !), ne fait pas partie de mes 12 primordiaux, mais il m’accompagne depuis 6 ans, et soutient l’Artiste que j’ai dans la maison 10 (plus haut potentiel).

Julia Roberts résonne sur l’archétype de la Prostituée, qui est chez moi dans la maison 5 de la créativité et de la chance (d’où le choix de mon film préféré). La Prostituée est la gardienne de la Foi. Elle s’exprime ainsi :

« Qu’es-tu prêt.e à vendre/sacrifier (corps, valeurs personnelles, liberté, créativité, désirs, plus haut potentiel…) sur l’autel de la sécurité professionnelle, affective, matérielle, financière ou sociale… ou pas ?! »

Un exemple de la Prostituée dans une expression de sa polarité négative (la peur dirige l’action) :
Un artiste gay qui n’a pas fait son coming out et qui est guidé (par son manager ou la personne qui gère ses relations presse) à surtout ne pas le faire pour « le bien de sa carrière », et qui accepte de mettre en scène une fauxmance (une fausse relation amoureuse, si possible avec une autre célébrité) pour qu’aucun doute ni soupçon ne naissent concernant sa vraie sexualité.

Un exemple de la Prostituée dans une expression de sa polarité positive (la Foi en soi dirige l’action).
Un salarié qui refuse d’accéder à une demande d’un supérieur, car il la juge illégale, immorale ou contre ses valeurs personnelles, et prend le risque de perdre son job ou de se mettre à dos son boss.

Cet archétype est présent dans beaucoup des films de Julia Roberts et est exprimé soit dans son expression positive, soit dans un arc archétypal qui va de la polarité négative à positive :

>Pretty Woman/Viviane (polarité semi-négative=>semi-positive) : Forme la plus basique de la Prostituée, mais quelque part la plus pure, car elle ne vend « que » son corps, et rien d’autre.

Son indépendance financière est préservée (puisqu’elle et son amie Kit n’ont pas de proxénète), même si joindre les deux bouts est difficile. La vente de son corps est le moyen pour elle de préserver sa liberté et de rêver à une meilleure vie. Elle garde plutôt bien son intégrité personnelle au cours du film, même si la vente de son corps la coupe d’une conscience plus large d’elle-même et d’une respectabilité de soi, qui se reflète dans le monde extérieur (mise en miroir par les vendeuses sur Rodeo Drive qui refusent de la servir, attitude déplacée de l’avocat d’Edward Lewis/Richard Gere).

L’arc de transformation est davantage pour le personnage de Richard Gere, mais le personnage de Julia est porteuse du message de l’histoire qui est la toute première phrase du film : « Tout le monde vient à Hollywood parce qu’il a un rêve. Quel est votre rêve ? » (lieu géographique : Los Angeles (les Anges), Hollywood : fabrique à rêves) + Quel est votre potentiel ? (une des dernières phrases que Julia dit à son amie Kit « Mlle de Luca, nous croyons en votre potentiel »). Le personnage de Richard Gere est juste le coup de pouce (l’ange ?) pour qu’elle se mette en mouvement plus rapidement (3000 $ pour être avec lui). Jamais, au cours du film, elle n’a dévié de qui elle était.


>Erin Brokovitch (polarité positive) : Elle refuse d’abandonner sa mission d’assistante juridique/investigatrice pour préserver sa relation avec George (sécurité affective), car ce qu’elle entreprend est plus grand qu’elle et elle y trouve un sens à sa vie (vient en polarité avec ses « seuls » accomplissements : 3 enfants de pères différents et son couronnement de Miss Wichita. Renvoie donc à ce qu’on attend des femmes : "sois belle et fais des enfants".
Le triptyque la Sainte (mère)/la Pute (Miss Wichita/amante)/la Sorcière (sait utiliser ses atouts pour faire parler les gens/investigatrice) est également présent.


>Mange, prie, aime/Elisabeth (polarité négative=>positive) : constat qu’elle a passé toute sa vie à plaire aux autres pour assurer sa sécurité affective et émotionnelle. Mais au final, elle ne se connaît pas. L’arc du film est de se recentrer sur soi, se redécouvrir, accepter que son rayonnement expose sa vulnérabilité, s’aimer, pour s’ouvrir de nouveau à la relation à l’autre, et lui faire de la place.

>Le sourire de Mona Lisa/Katherine (mon préféré - polarité négative=>positive) : Le conflit interne naît de ce qu’on attend d’une femme dans les années 1950 aux USA (épouse, mère, parfaite maîtresse de maison avec une relation intime et douteuse aux appareils ménagers, peu, voire pas d’ambition professionnelle, mais beau mariage et belle maison de banlieue cossue) et les élans intérieurs individuels.

Le personnage de Julia Roberts se rebelle contre ça : elle a un fiancé, mais se sépare de lui rapidement dans le film lorsqu’il la demande en mariage, et flirte ensuite avec le professeur d’italien. Là où elle se vend (inconscient au début du film, puis clarté grâce au miroir que lui renvoient ses élèves), c’est qu’elle a sacrifié l’artiste en elle pour prendre un poste respectable de professeur de l’histoire de l’art dans une grande institution qui se dit libérale, dans le sens où elle éduque les filles de bonne famille, mais est, au final, très conservatrice, car on ne demande pas plus aux jeunes filles que ce que l’on attend d’elles.

Le personnage de Julia/Katherine enseigne sur des œuvres qu’elle n’a jamais vues en vrai (elle est jeune diplômée) et elle n’a jamais oser vivre de l’intérieur cet art qu’elle affectionne. Elle finit à la fin du film par démissionner de l’institution, bien qu'on lui propose un renouvellement de contrat, et prend la décision de voyager en Europe pour aller à la rencontre de ce qui l’anime profondément.

Ce qui est intéressant de voir chez un acteur/une actrice, c’est que beaucoup pensent faire des films très variés, alors qu’ils tournent souvent autour de leurs archétypes personnels qu’ils explorent dans des situations de vie différentes au travers des personnages qu’ils incarnent.

Quelques autres exemples rapides d’acteurs/archétypes  qui tournent autour d’un archétype, avec trois Tom :

>Tom Hanks / l’Enfant (Gardien de l’innocence) : Big (un enfant devenu adulte), Splash (connexion aux élémentaux, première scène dans l’enfance), Forrest Gump (innocence pure du personnage), Nuits blanches à Seattle (a perdu sa femme/mère de son fils, et tombe amoureux du personnage de Meg Ryan, une énergie très maternelle pour les deux femmes), Vous avez un message (est touché par personnage de Meg Ryan, libraire pour enfants), Philadelphia (perte de l’innocence, dernière image du film).

>Tom Hiddleston / duo Métamorphe (shapeshifter) & Filou (trickster) : Loki/Marvel (Dieu de la malice), Le directeur de nuit (Jonathan Pine, multiples identités pour arrêter le trafiquant d’armes joué par Hugh Laurie), Crimson Peak (duplicité, séduit le personnage de Mia Wasikowska, mais n’est intéressé que par sa fortune, ingénieur/aristocrate ; frère/partenaire incestueux de sa sœur jouée par Jessica Chastain), Clochette & la Fée pirate (voix anglaise du capitaine Crochet).

>Tom Cruise / l’Escroc (mêle sentiments/argent/compétition/ambition personnelle) : Rain Man, Cocktails & Rêves, Jerry Maguire, La couleur de l’argent, Risky Business, Top Gun, Jours de Tonnerre.


J’espère que tu auras pris du plaisir à faire ce jeu d’introspection. Et peut-être, tu ne regarderas plus un film ou un acteur/une actrice de la même façon !

 



Retour à la liste des actualités
Top
Réglage des paramètres de cookies

Chers utilisateurs, ce site stocke les cookies sur votre ordinateur. Ils ont pour but d'améliorer l’expérience de votre site Web, tout en vous fournissant des services plus personnalisés.

Si vous souhaitez plus d’informations sur les cookies que nous utilisons, veuillez consulter notre Politique de confidentialité. En acceptant les cookies, vous consentez à leur utilisation. Vous pouvez également paramétrer ces derniers.

Si vous refusez, vos informations ne seront pas suivies, au moment de visiter ce site. Un seul cookie sera utilisé dans votre navigateur pour mémoriser votre préférence de ne pas être suivi.

  • Régler les paramètres
  • Accepter tous les cookies et continuer vers le site