Les 4 raisons majeures pour lesquelles ton manuscrit peut être rejeté

18/01/2020

Les 4 raisons majeures pour lesquelles ton manuscrit peut être rejeté

Aujourd’hui, on va parler de choses qui fâchent : le rejet. Initiation classique du voyage archétypal de l’artiste. Plus tôt, tu l’auras intégré dans ton GPS interne, plus tu pourras prendre du recul sur ton travail, ton parcours d’auteur, et moins tu appréhenderas le rejet comme une attaque personnelle ou un jugement de valeur sur tes compétences.

Ainsi, tu as envoyé ton manuscrit à des maisons d’édition. Sans succès. Zéro réponse pour certains. Des lettres de refus pour d’autres. Tu passes par tout le spectre des émotions du côté obscur de la Force : déception, colère, frustration, amertume, tristesse, découragement, jalousie.

Bref, tu as le moral dans les chaussettes, la jauge joyeuse à -15 °C. Tu es déçu.e parce que tu croyais à ton projet. Tu y as mis du cœur, de l’ouvrage ; tu y as passé des jours et des nuits, des éclipses et des solstices.

Peut-être penses-tu que, vraiment, tous ces éditeurs, ils ne privilégient que les livres d’auteurs anglais ou américains, qui ont déjà rencontré le succès auprès d’un large public et dont ils achètent les droit pour les traduire, ou ils misent sur leurs auteurs fétiches qu’ils mettent en avant à chaque grande rentrée littéraire.

Tu te souviens des jours anciens où il n’y avait aucun enjeu et où tu ne faisais qu’écrire pour ton propre plaisir, et tu pleures.
Tu suffoques, tu blêmis, à présent qu'a sonné l'heure… de faire le bilan !

Il y a moultes raisons pour lesquelles ton manuscrit peut être rejeté. Il y en a sur lesquelles tu n’as aucune action, donc ne perds pas de temps et d’énergie là-dessus. Quelques exemples ?

  • « Je suis submergé par les soumissions de manuscrits, alors j’en ai filé à mon stagiaire en Licence pro métiers du livre. Pas de bol, le tien était dans le lot, et il n’a rien benné à ton histoire et a classé ton manuscrit dans la pile « sans suite ». Désolé, hein ? ».
    Pas très professionnel ? Fâcheux ? Certes, mais ça arrive, il faut le savoir.
  • « Nous publions à la prochaine rentrée un livre similaire au tien. »
  • « Nous ne publions que [x] livres par an, et nous avons déjà rempli notre quota. »

Tu l’auras compris, les paramètres qui font qu’un manuscrit est publié ou non sont nombreux. Le timing en est un, par exemple. Quiconque ose te dire qu’en suivant sa formation en ligne ou son accompagnement en écriture t’assure que tu vas écrire un best-seller que les éditeurs - c’est sûr - vont s’arracher et te faire signer illico presto un contrat d’auteur, te vend du rêve, et je suis polie.

Ces gens-là appuient sur les « buy buttons » de ton cerveau logés dans la case « Mes désirs les plus inavoués ». Mais il faut quand même revenir sur terre. C’est par le travail, l’exploration - les échecs aussi - qu’on y arrive, pas en nourrissant les fantasmes.

Il n’y a pas de garantie dans l’industrie du livre. Comme il n’y a jamais de garantie dans la vie, en vérité. La vie n’est pas là pour te donner des garanties. Si tu cherches des garanties tout le temps, chaque choix, chaque décision, chaque investissement sera forcément une déception. Parce que tu t’occupes plus du résultat (la destination) que le chemin parcouru (le voyage).

En tant qu’auteur, ta seule priorité, c’est :

  1. Devenir un peu plus expert de ton art chaque jour
  2. Découvrir quel genre d’écrivain tu es, l’accepter et l’honorer
  3. Avec quel public tu résonnes le plus
  4. Avoir plus de clarté sur ton processus créatif et le polir

Dit autrement, ta priorité est de te découvrir à travers tes talents, tes spécificités, ta manière d’observer le monde et de le modéliser. Et d’écrire la meilleure histoire possible à chaque fois.

J’ai lu – je ne sais plus où – qu’un auteur rencontrait souvent le succès au bout de 3 ou 4 livres publiés. Évidemment, il y a des exceptions, et c’est chouette. Mais la pression est aussi plus importante du coup.

Pour en revenir à notre sujet, il vaut mieux donc se concentrer sur les paramètres pour lesquels tu es directement responsable. Ah, le mot qui fâche ? Et pourtant, c’est en prenant tes responsabilités que tu reprends ton pouvoir et que tu peux poser de nouvelles actions. Et ça, ça change tout. Jouer « les victimes » ou pester contre les maisons d’édition ne te mènera nulle part.

Raison #1 : Ton manuscrit n’est pas bon

J’enfonce une porte ouverte, mais il faut être un peu sérieux. La plupart des auteurs aspirants pensent détenir une « bonne » histoire, mais ce n’est pas toujours vrai. Sache qu’un éditeur ne laissera JAMAIS passé une bonne histoire s’il en décèle un potentiel énorme pour lui. Donc, si tu as reçu une bonne douzaine de lettres de refus, il faut te remettre en question. Toutes les histoires ne sont pas forcément de « bonnes » histoires, et toutes les bonnes histoires ne sont pas forcément « bien racontées » ou « bien développées ».

Ton action : Tu es la plus mauvaise personne pour juger de la qualité de ton travail (vas voir mon article sur la malédiction de la connaissance). Adopte un réflexe de pro tout de suite, et recherche du feedback éditorial sur ton manuscrit par une lecture critique d’une personne experte dans ton genre ou en révision de manuscrit. Cela peut être un groupe d’écriture, une connaissance en qui tu as confiance ou qui est dans le métier, ou une lectrice professionnelle (c’est mon cas).

Raison #2 : Tu as envoyé ton manuscrit au plus mauvais moment.

Il y a deux rentrées littéraires en France : février et septembre. En janvier, les maisons d’édition préparent la rentrée de février ; en juin, juillet et août, elles préparent celle de septembre tout en gérant l’absence estivale des collaborateurs ; novembre et décembre, elles préparent les fêtes.

Tu l’auras compris, ta marche de manœuvre est serrée : mars, avril et octobre sont les meilleurs mois pour envoyer ton manuscrit.

Et que font la plupart des auteurs ? Ils envoient tous leurs manuscrits en janvier. Résultat, vous êtes tous noyés dans la masse, et les éditeurs font ce qu’ils peuvent pour traiter les nombreuses soumissions, avec le risque d’avoir moins de temps (et de patience) à passer sur chaque manuscrit.

Ton action : Un auteur éclairé en vaut deux. Sois plus malin.e que les autres, et envoie ton manuscrit dans les mois les plus creux.

Raison #3 : Ta prose est catastrophique et ton manuscrit est truffé de fautes

Là, tu plaides coupable. Aucune excuse. Zéro tolérance. On n’envoie pas un torchon à un éditeur.

Irais-tu à un concerto alors que le violoniste fait grincer son crincrin ? Irais-tu écouter un chanteur qui chante faux ? Irais-tu à une exposition photo où tous les clichés sont flous (et je ne parle pas d’un flou artistique) et cadrés à la « one-again ». Non, hein ?

L’écriture est un art comme les autres. Et je dirais même plus, il englobe les autres : l’écriture est une musique, une peinture, un cliché de vie.

Ta mission, c’est d’apprendre à maîtriser cet art. Si tu aspires à devenir auteur, la moindre des choses est quand même de savoir manier la langue française avec un minimum d’efficience. Sinon, tu renvoies une image d’amateur, d’un auteur négligeant et non respectueux.

Si tu es fâché avec l’orthographe et la grammaire, entraîne-toi. Ce n’est pas les ressources, applications et les sites qui manquent :

  • Projet voltaire (payant) : https://www.projet-voltaire.fr/
  • Pour l’orthographe (gratuit) : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais
  • Pour la conjugaison (gratuit) : https://la-conjugaison.nouvelobs.com
  • Pour les règles de grammaire (gratuit) : http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/
  • Ou investis dans un correcteur d’orthographe comme Antidote, qui est tout à fait abordable (119 €). Ne te fie pas juste à Word, tu vas au-devant de curieuses surprises.

Un livre coûte cher à la fabrication et à la promotion. Et la mission d’un éditeur, c’est de vendre des livres, pas faire de toi un meilleur auteur. Ainsi, un éditeur recherchera toujours un manuscrit le plus abouti possible pour éviter d’avoir à engager des frais trop lourds en matière de préparation de copie et de corrections orthotypographiques.

Pour les projets initiés maison, c’est parfois l’assistant d’édition qui s’y colle, ce qui est aberrant puisque ce n’est pas du tout son cœur de métier. La correction, c’est une vraie expertise ! Mais passons. En tant qu’auteur « externe », cette étape éditoriale est de ta responsabilité.

Ton action : relis-toi toi-même (et tu connaîtras l’Univers et les dieux… de l’édition !), demande à des personnes de ton entourage excellentes en orthographe, ou des comparses auteurs, de faire quelques passes de relecture et/ou engage une correctrice professionnelle, si possible spécialisée ou avec une expérience dans la relecture de romans.

En ce qui me concerne, je n’interviens plus qu’au niveau lecture critique et préparation de copie qui consistent, en autres, en la vérification de la bonne continuité narrative et de la cohérence de la structure. Seules les fautes majeures en orthotypo détectées seront corrigées, mais ce n’est pas le focus.

Raison #4 : Ton manuscrit n’est pas « marketable »

La raison d’être d’une maison d’édition, c’est de fabriquer et vendre des livres. Et les auteurs aspirants oublient trop souvent qu’un livre, c’est un produit. Certes, un produit qui participe au rayonnement culturel d’un pays, d’un genre, d’un courant littéraire, mais, at the end of the day, c’est un produit. Et il convient de le traiter comme tel.

Écrire pour soi et écrire pour être publié, ce n’est pas la même chose. Tu changes de paradigme : tu passes de l’expression personnelle à la production artistique. C’est tout à fait différent.

Comme tout produit, un livre, ça se markete : genre, profil du lecteur idéal, tranche d’âge, fabrication, stratégie de promotion. Un éditeur va regarder tous ces paramètres. C’est un expert dans le marché du livre. Dans une industrie bouleversée par le digital (comme l’a été l’industrie de la musique), les marges sont plus faibles pour les maisons d’édition. Alors, elles ont toujours l’œil sur les thématiques qui préoccupent la société, sur les tendances du marché, les livres qui se vendent très bien, moyennement et pas du tout.

Ainsi, pour qu’un éditeur décide de te publier, l’enthousiasme et la conviction qu’il pourra défendre ton roman dans un marché compétitif et saturé seront les deux critères dans son processus de décision. Qu’est-ce qui peut peser dans la balance en ta défaveur ?

  • Tu n’as pas ciblé la bonne maison d’édition. Un bon tip ? Rends-toi dans le plus grand salon du livre de ta région (si tu peux, fais celui de Paris qui a lieu tous les ans, en mars). Le catalogue du salon contient la liste des exposants, leurs adresses, les contacts, et les genres qu’ils publient. Ressource très précieuse qui t’évitera de passer du temps dans la nébuleuse Internet et ses nombreux traquernards.
  • Ton roman est trop court ou trop long. Pour un premier roman, les éditeurs préfèrent les formats courts (30k-50k mots). Ainsi, ils prennent moins de risques. Évidemment, il y a des exceptions. Si ton manuscrit est excellent, ils ne le laisseront pas passer. Les fictions de genre qui se vendent bien aujourd’hui font entre 80 k-120 k mots.
  • Ta cible d’audience est trop étroite ou trop large. En matière de littérature, le mantra est le même que dans l’entrepreneuriat :
    -Si tu t’adresses à tout le monde, tu t’adresses à personne.
    -Si tu t’adresses à une cible trop restreinte, tu risques de faire peu de ventes.
  • Tu n’as pas respecté les conventions ni inclus les scènes obligatoires de ton genre dominant. Avec le risque donc de décevoir les afficionados de ton genre, qui sont très érudits en la matière.
  • Ton histoire est bonne, mais elle est trop hybride (tu croises trop de genres ou ton projet est complexe et inclut des formes narratives variées), et la maison d’édition ne sait pas quoi en faire (=lire : « Dans quel rayon on va bien pouvoir mettre ce livre ? »). Même numérique, ton livre sera rangé dans un rayon, une catégorie. Choisis un genre dominant, même si ton histoire comporte des éléments narratifs appartenant à d'autres genres. Et cela t'aidera également dans ta lettre de soumission/synopsis.
  • Il y a déjà trop de titres en compétition dans le genre de ton roman.
  • La maison a déjà essayé de commercialiser un projet similaire à ton livre, et ça n’a pas marché.

Ton action : toutes ces questions sont à poser AVANT d’écrire ton roman. Et ce sont des éléments sur lesquels nous travaillons en coaching.

De l’idée originale à la publication de ton livre, c’est un long voyage avec de multiples étapes semées d’embûches et de challenges. La bonne attitude à adopter est de considérer ton livre comme un projet, et de le gérer comme tel : définir un calendrier, poser des objectifs, s’y tenir, répartir les tâches à effectuer, déléguer quand tu n’as pas l’expertise ou le recul nécessaire pour juger ce que tu as produit, prendre le temps d’observer le processus créatif et la création en elle-même, réajuster, etc.

C’est exactement ce que je fais en coaching avec mes clients-auteurs. Être accompagné dès la phase d’écriture est le moyen le plus sûr d’avoir de la clarté sur ton projet, de réduire massivement le temps passé à la révision et la réécriture, de maintenir ton focus et ta détermination pendant tout le processus créatif, et de t’assurer que tu as in fine une histoire solide, efficace et captivante.

Si tu as un manuscrit qui a été refusé et que tu souhaites comprendre pourquoi et retravailler ton histoire pour la remettre sur les bons rails , prends rendez-vous avec moi pour un entretien initial de 25 mn et discutons de ce projet et comment je peux t’aider à le concrétiser.

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Crédit photo : ©Chris Barbalis/Unsplash



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