L'écriture d'un roman : une histoire de maths

06/03/2020

L'écriture d'un roman : une histoire de maths

L’écriture, c’est aussi des maths !

Si tu n’aimes pas trop planifier avant de te lancer dans l’écriture, pose quand même quelques équations pour ne pas te retrouver avec une structure bancale à un moment donné.

1. Une répartition idéale de 25/50/25

Prenons en exemple un projet de roman de 100 000 mots (moyenne des fictions de genre – entre 80k et 120k mots) :

  • La phase d’accroche (début du roman) correspond à 25 % du livre, soit 25 000 mots.
  • La phase de consolidation (milieu de roman) correspond à 50 % du livre, soit 50 000 mots.
  • La phase de résolution (fin du roman) correspond à 25% du livre, soit 25 000 mots.
2. La bonne longueur d’une scène

Je viens de faire la lecture critique de deux manuscrits dont les chapitres faisaient 8000 mots ! Ouh là ! Non, non !

L’équation, c’est : 1 scène (ou une séquence de scènes très intimement liées) = 1 chapitre = 2 000 mots.

Pourquoi 2 000 ? Parce que c’est la longueur la plus confortable pour la lecture d’un chapitre. Je ne sais pas si tu es comme moi, mais je déteste devoir fermer un livre en plein milieu d’un chapitre.Une scène de 2 000 mots environ est la bonne longueur de chapitre pour inciter également ton lecteur à poursuivre la lecture.

3. Découpage des scènes

Si on reprend notre exemple d’un manuscrit de 100 000 mots et qu’une scène fait 2 000 mots, tu as donc à écrire 50 scènes (= 50 chapitres).

4.Les scènes obligatoires d’une structure classique

Les cinq éléments narratifs d’une structure d’un récit sont :

#1 – L’incident déclencheur : un événement majeur qui propulse ton histoire/ton protagoniste vers sa destinée.

#2 – Complications : une escalade dans le ou les conflits auxquels fait face le protagoniste.

#3 – Crise : le protagoniste fait face à un dilemme : il doit choisir soit entre deux mauvaises options (« tu préfères avoir une jambe de bois ou des dents ou mousse ?», soit entre deux bons choix irréconciliables (« tu choisis de prendre le job bien payé mais aux horaires décalés, ou tu choisis de prendre le job qui paye un peu moins mais tu peux travailler en nomade ?»)

#4 – Climax : ton protagoniste agit après le dilemme. C’est la réponse active de la question du choix lors de la scène de la crise.

#5 – Résolution : ce sont les répercussions du choix et de l’action qui a suivi.

Ces 5 éléments doivent être présents dans chacune de tes phases (accroche, consolidation, résolution). Partant de cette équation, tu dois donc écrire les 15 scènes suivantes :

  • Scène #1 – Tu auras besoin d’un scène qui sera l’incident déclencheur du début de ton histoire.
  • Scène #2– Tu auras besoin d’un scène qui sera l’incident déclencheur du milieu de ton histoire.
  • Scène #3– Tu auras besoin d’un scène qui sera l’incident déclencheur de la fin de ton histoire.
  • Scène #4–Tu auras besoin d’une scène qui complique progressivement le début de ton histoire.
  • Scène #5– Tu auras besoin d’une scène qui complique progressivement le milieu de ton histoire.
  • Scène #6– Tu auras besoin d’une scène qui complique progressivement la fin de ton histoire.
  • Scène #7– Tu auras besoin d’une scène qui pose une situation de crise au début de ton histoire.
  • Scène #8– Tu auras besoin d’une scène qui pose une situation de crise au milieu de ton histoire.
  • Scène #9– Tu auras besoin d’une scène qui pose une situation de crise à la fin de ton histoire.
  • Scène #10–Tu auras besoin d’une scène avec un point culminant au début de ton histoire.
  • Scène #11– Tu auras besoin d’une scène avec un point culminant au milieu de ton histoire.
  • Scène #12– Tu auras besoin d’une scène avec un point culminant à la fin de ton histoire.
  • Scène #13–Tu auras besoin d’une scène qui pose une résolution au début de ton histoire.
  • Scène #14– Tu auras besoin d’une scène qui pose une résolution au milieu de ton histoire.
  • Scène #15– Tu auras besoin d’une scène qui pose une résolution à la fin de ton histoire.
5. Les scènes restantes

Toujours selon notre exemple, il te reste donc 35 scènes à répartir selon l’équation 25/50/25, ce qui donne :

  • Pour le début de ton roman (phase d’accroche) : 7 à 8 scènes en plus des 5 scènes obligatoires vues plus haut (un total de 12 ou 13 scènes) ;
  • Pour le milieu de ton roman (phase de consolidation) : 20 scènes en plus des 5 scènes obligatoires vues plus haut (un total de 25 scènes) ;
  • Pour la fin de ton roman (phase de résolution) : 7 à 8 scènes en plus des 5 scènes obligatoires vues plus haut (un total de 12 ou 13 scènes).

En faisant cet exercice, tu vois que la structure de ton roman est déjà posée, alors que tu n’as même pas encore commencé à écrire !

Évidemment, l’écriture n’est pas une science exacte. Tu peux te retrouver avec plus ou moins de scènes dans chaque phase. C’est l’idéal vers lequel il faut tendre, mais ne te prends pas la tête si tu arrives à un résultat différent. L’idée est que la structure de ton roman fasse sens par rapport à l’histoire et qu’il y ait une bonne dynamique de progression tout le long.

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Source : The Story Grid, de Shawn Coyne

Crédit photo : Jon Tyson/Unsplash



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