Es-tu investi dans l'écriture de ton roman ?

04/09/2019

Es-tu investi dans l'écriture de ton roman ?

Cet été, j’ai vécu une expérience particulière avec l’une de mes clientes qui m’avait contactée pour la préparation de copie de son roman. Après un échange téléphonique agréable et l’analyse d’un échantillon de quelques pages pour établir une proposition commerciale, qu’elle accepta, me voilà donc plongée dans son manuscrit.

Les quelques pages que j’avais lues pendant mon analyse étaient le début du roman. Cela partait plutôt bien avec un postulat de départ bien identifié pour le personnage principal, mais à partir du deuxième chapitre… plus rien !

J’ai arrêté la correction après un chapitre et demi et poursuivi la lecture jusqu’à la fin pour dégager les problématiques principales de son manuscrit : une succession de scènes flashback sans grand intérêt, car elles ne servaient pas à faire avancer l’intrigue, des dialogues plats, une confusion totale dans la hiérarchisation et le rôle archétypal des personnages, pas de ligne directrice, pas d’arc narratif, pas de tension, pas de conflit (interne/externe) – donc pas d’anticipation, une résolution qui tombe comme un cheveu sur la soupe, et au milieu de tout ça, une recette de cuisine et des descriptions dignes d’un guide touristique, donc hors sujet. Et surtout, surtout, pas de voyage émotionnel pour le lecteur, ce qu’il recherche en priorité dans un livre.

Et me voilà donc bien embêtée ! C’est la première fois en six années d’activité que je dois dire à un client que son roman n’est pas prêt à être corrigé (et donc encore moins à être présenté à un éditeur), et surtout… eh bien… qu’il n’y a pas de roman !

Je fais part de tout cela à ma cliente par e-mail en argumentant mon propos, et je lui propose un entretien téléphonique (gratuit et sans engagement) pour lui faire part des forces et des faiblesses de son manuscrit et lui proposer une autre forme d'accompagnement. Ma cliente a refusé cet entretien, a compris que je n’étais « pas intéressée par la correction de [son] roman », et m’a demandé de lui renvoyer ce que j’avais déjà fait. Expression du déni de la réalité.

D’où ma question :
Es-tu vraiment investi dans l’écriture de ton livre ?
Et j’en rajoute une couche : Pourquoi écris-tu ? Et pour qui ?

Pose-toi la question, mais vraiment ! C’est ton vecteur d’expression préféré, tu es plus à l’aise à l’écrit pour t'exprimer ? Okay ! C’est un plaisir, une passion qui te nourrit de l’intérieur ? Super ! Tu as envie de partager ta vision du monde, participer à cette grande conversation collective sur l’expérience humaine, raconter des histoires qui sauront, pendant quelques heures, transporter ton lecteur hors de sa réalité, et créer un lien avec lui de cœur à cœur ? Ah, là, tu chauffes !

Mais pour arriver à ce résultat-là, tu ne peux pas faire l’économie de t'engager à fond dans l’écriture de ton projet, sinon comment veux-tu que ton lecteur s’engage aussi ?

Et quand je parle d’engagement, je ne parle pas nécessairement de l’engagement physique de l’écriture (choisir de trouver le temps pour écrire, écrire, se relire, réviser, faire réviser, etc.), mais de ton engagement émotionnel pour écrire l’histoire que tu as vraiment envie de raconter. Plonger à fond dans le voyage intérieur de tes ou ton personnages pour en saisir – par l’intrigue et les mots – à la fois toute la beauté et la souffrance que constitue un chemin de transformation. Si tu ne fais pas ce voyage, ton lecteur ne le fera pas non plus, et – guess what? – il ne fera pas l’effort pour toi.

Ton engagement passe aussi par augmenter ton expertise dans le storytelling et les techniques d’écriture, donc avoir un état d’esprit d'artiste en mode « croissance », ce que les Anglo-Saxons appellent « growth mindset », qui est une volonté sans faille de progresser dans son art.

Si tu rencontres des résistances fortes dans ces trois types d’engagements (physique, émotionnel, artistique), tu dois les regarder bien en face et les nommer, car ce sont des mécanismes inconscients de ton ego, dont le job est de bannir toute intensité de ta vie et maintenir le status quo pour te garder en (sur)vie. L'ego ne fait pas la différence entre le danger de se retrouver devant un ours affamé ou de se dévoiler par l'écriture et de s'exposer au regard et critiques des autres personnes. Il va donc s'agiter fortement et te faire douter de ton intention d'entreprende ce projet.

Alors, j’ai une bonne et mauvaise nouvelle. Commençons par la mauvaise : si tes résistances sont plus fortes que ton désir d’écrire et d’être publié, ce rêve restera à l’état de fantasme si tu ne passes pas à l’action, et tu ne feras rien de ton projet de livre.

La bonne nouvelle, c’est que si tes résistances sont fortes, c’est que tu es dans le plan A de ta vie ! Tu sais, le plan qui t'apporte le plaisir et la jouissance d’être toi-même ; le plan qui fait sauter ta jolie cape d’invisibilité et te permet de trouver ta place dans ce monde en honorant tes talents et tes potentiels. Tu vois de quoi je parle ? Oui, je crois que tu vois !

Cette expérience m’a également offert deux pépites personnelles que je te partage : tout d’abord, elle m’a révélé à quel point j’ai élevé mon niveau d’honnêteté et d’exigence vis-à-vis de moi-même, de mon business et de mes clients. Ce que je recherche, c’est une vraie collaboration, pas une prestation avec une transaction financière. Je le savais déjà, mais désormais, c’est devenu non-négociable.

Mon objectif quand je travaille avec un client auteur, c’est qu’il soit confiant pour proposer son roman à un éditeur, ou se lancer dans l’auto-édition si tel est son choix. Je veux le porter aussi loin que je peux dans la concrétisation de son rêve en lui apportant mon expertise et mes propres talents.

Mon temps et mon énergie ne seront pas dédiés à autre chose. Il n'y a pas de place pour la médiocrité et la fuite dans la concrétisation d'un rêve. Abandonner un projet, c'est s'abandonner soi. A toi de voir, donc.

Deuxième pépite : l’observation consciente de ce que cet épisode a provoqué en moi (notamment la frustration que cette cliente n’aille pas plus loin alors que son sujet était excellent – la réalisation de soi versus la loyauté familiale – genre, ça ne parle à personne !) m’a fait évidemment miroir de mes propres résistances à me mettre à l’écriture, qui est aussi mon plan A ! Tout est cadeau dans la vie pour celui qui sait observer et être honnête avec lui-même !

Je vous laisse méditer les mots de Pierre Mézières, coach Feu sacré et business coach :

« La plus grande énergie se trouve derrière tes résistances. »

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Si tu as un projet de livre ou que tu as terminé ton manuscrit, et que tu souhaites une perspective nouvelle et fraîche, je suis à ta disposition pour en parler avec toi.

N’hésitez pas à me contacter.

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Crédit photo : Unsplash/rashtravardhan-kataria

 



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